Les Pétrels, qui ne mangent guère que des poissons, sont tellement huileux, que les habitants des îles Feroë tuent ces oiseaux, leur passent une mèche à travers le corps, l’allument, et se servent du Palmipède comme d’une lampe.

Du reste, beaucoup d’Oiseaux piscivores sont chargés d’une graisse peu consistante, qu’ils doivent à leur genre de nourriture. A cause de cette circonstance, certains d’entre eux ont été nommés Pingouins, mot dérivé du latin pinguis (gras, huileux).

Sur les côtes de la Patagonie, où les Manchots sont abondants, on prend ces oiseaux, on les écorche, et l’on fait de l’huile avec leur peau. Cette enveloppe, doublée d’une couche de graisse plus ou moins forte, est soumise à l’action d’une presse, qui ne laisse d’autre résidu que le derme et le duvet. On retire un demi-litre d’huile de chaque animal. Il faut 2000 Manchots pour remplir un tonneau.

Quand on saisit un Fulmar[265], il vomit une huile couleur d’ambre, qui est regardée par les habitants de Saint-Kilda comme un bon remède dans plusieurs maladies extérieures, surtout dans le rhumatisme. On brûle aussi cette huile. La meilleure est produite par les vieux oiseaux.

On surprend les Fulmars pendant la nuit. On leur presse le bec, et on leur fait rendre environ deux cuillerées d’huile. (L. Wraxall.)

Ce sont les Oiseaux marins qui produisent cette matière précieuse appelée guano, ou, pour mieux dire, huanu, si recherchée par les agriculteurs.

Le guano[266] est un amas d’excréments déposés au sein de la mer, sur des rochers ou sur des îles. On a calculé qu’un Palmipède de taille moyenne en fournit à peu près 25 grammes par jour. Or, sur certains rochers, on trouve des couches de guano offrant jusqu’à 30 mètres d’épaisseur. Il a donc fallu des centaines d’années et des milliers d’oiseaux pour former ces dépôts. (Boussingault.)

L’île de Cincha, près du Pérou, à 100 milles au sud de Calao, est un des endroits les plus riches en guano. Les couches supérieures de cette matière sont d’un brun grisâtre, et les couches intérieures couleur de rouille. La dureté du guano est d’autant plus grande, qu’il est situé plus profondément.

Les Oiseaux producteurs du guano sont surtout le Fou varié[267], le Goëland modeste[268], l’Anhinga[269], le Bec-en-ciseaux, le Pélican thagus, le Cormoran de Gaimard[270], et le Cormoran de Bougainville[271].

VI