La voix des Oiseaux marins n’est jamais douce et harmonieuse comme celle de plusieurs oiseaux terrestres. Elle est nasillarde et retentissante, et tient souvent du rauque ou du lugubre. Cependant les Goëlands et les Mouettes jettent des cris aigus qui dominent le bruit de la tempête. Certains Canards rendent une clangueur perçante comme celle du clairon.

CANARD MACREUSE
(Anas nigra Linné).

Quelques Palmipèdes, dont la trachée est grande et recourbée, imitent plus exactement le son de la trompette.

Il y a des Oiseaux pélagiens qui semblent pleurer comme de petits enfants, ou ricaner comme de vieilles femmes.

Les Grecs avaient désigné le Pélican[272] sous le nom d’Onocrotale (cri de l’âne), parce que cet oiseau semble braire.

PINGOUIN COMMUN
(Alca torda Linné).

Les Pingouins ont un croassement tout aussi grave et tout aussi désagréable. Lesson dit que, dans l’île de Falkland, le soir, au coucher du soleil, tous les Pingouins poussaient ensemble, à gorge déployée, un immense cri, qui retentissait au loin comme les clameurs d’une armée en révolte.

Un observateur très-original, habitant d’un port de mer, a étudié pendant huit ans la langue du Pierre-garin[273]. Il en a composé le dictionnaire, prenant pour modèle le travail de Dupont de Nemours sur la langue du Corbeau. Il a distingué cinquante mots exprimant chacun, suivant lui, une idée particulière: Ici... là... en avant... en arrière... à droite... à gauche... plus vite... plus lentement... halte... garde à vous... nourriture... danger... Je t’aime... moi de même... méchant... marions-nous... quel bonheur... un nid... nos œufs... couvons... nos petits... Maman... papa... j’ai faim... Tais-toi...