Non loin de là, sur les falaises baignées par la mer, s’entassent les élégantes Mouettes à trois doigts[279] et les Guillemots à miroir blanc[280].
Tout à côté, parmi les Varecs amoncelés, se redressent les Guillemots à capuchon[281] et les ineptes Pingouins[282].
Tous ces oiseaux vivent en bonne intelligence. Souvent des femelles d’espèces différentes sont assises, côte à côte, sur leurs œufs, et l’on croirait, en voyant les mouvements de leur tête et les claquements de leur bec, qu’elles sont engagées dans une conversation animée, pour faire diversion aux ennuis d’une incubation un peu trop longue.
On peut indiquer encore, comme rendez-vous général des Oiseaux marins, les îles Hébrides, et particulièrement celle de Saint-Kilda.
Cette dernière offre cinq milles environ de tour. Elle sort presque perpendiculairement du sein des flots, et forme à son extrémité orientale, qui s’élève à plus de 440 mètres, le promontoire le plus haut des îles Britanniques.
En approchant de l’île de Saint-Kilda, on aperçoit un spectacle presque impossible à décrire. Les rocs sont cachés par des myriades d’Oiseaux aquatiques occupés à couver.
D’énormes essaims de Fous[283] blanchissent les sommets sur lesquels ils reposent. Ces plateaux ou ces pics semblent de loin couverts de neige. Les Mouettes à trois doigts et les Mouettes à pieds bleus[284] ont envahi chaque crête un peu élevée. Plus bas, les Fulmars[285], les Puffins[286] et les Guillemots ont pris possession de tous les talus, de toutes les pentes, de tous les endroits où il existe un peu d’herbe. Au bord de la mer, à l’entrée des excavations, perchent des Cormorans, droits et immobiles, comme des sentinelles avancées. (L. Wraxall.)
Tout autour, au sein des eaux, des milliers de nageurs de toute espèce plongent, barbotent, se poursuivent, se becquètent ou se battent. D’autres remplissent l’air de leurs cris rauques ou aigus, allant de la mer à leurs nids ou de leurs nids à la mer; appelant leurs femelles, tournoyant au-dessus d’elles, caressant leurs petits, jouant avec leurs frères, et manifestant, d’une manière bruyante et naïve, leurs craintes, leurs besoins, leur joie ou leur bonheur.....
Lorsqu’un fragment de rocher se détache et roule du haut de l’île dans les flots, il devient le signal d’un tumulte extraordinaire. La frayeur s’empare de toute la colonie. Le bloc écrase de malheureux Fulmars accroupis sur leur couchette, et entraîne, en bondissant au milieu d’un fracas épouvantable, les herbes et le sable, les œufs et les poussins. Des nuées d’oiseaux épouvantés s’enfuient sur son passage. Mais bientôt ils reviennent à leurs nids, et tout reprend le calme habituel. (L. Wraxall.)
En Hollande, d’innombrables troupes de Mouettes et d’Hirondelles de mer nichent, toutes les années, dans l’île d’Eierland (pays des œufs), et dans les autres îles septentrionales du Texel. Il en est de même dans celles du Slesvig et du Jutland.