Plusieurs zoologistes pensent que tous les Cachalots rejettent normalement cette substance. D’autres supposent qu’elle est le résultat de certaines maladies, et par conséquent un produit accidentel.

On trouve l’ambre gris, tantôt flottant sur la mer ou déposé sur la plage, parmi les déjections des Cétacés, tantôt dans les intestins mêmes de ces animaux.

C’est sur les côtes du Japon, des îles Moluques, de l’Inde, de Madagascar et du Brésil, qu’on récolte habituellement cette substance.

La nourriture prise par les Cachalots semble influer sur la production de l’ambre. Il paraît que ce sont les Poulpes musqués, nommés Élédones, les Sèches et plusieurs autres Mollusques, même des Poissons odorants, mal digérés et accumulés, qui donnent naissance à cette matière. On sait que, parmi les animaux marins, il en est un certain nombre qui exhalent une odeur de musc plus ou moins forte.

Lorsque les pêcheurs américains découvrent des morceaux d’ambre gris dans un parage, ils en concluent aussitôt qu’il doit être fréquenté par quelque Cachalot.

L’ambre gris est une matière solide, assez dure, grasse, cireuse, plus légère que l’eau. Sa couleur est d’un gris noirâtre un peu cendré, quelquefois jaunâtre ou brunâtre, souvent masquée par une efflorescence blanche qui se forme à sa surface et qui pénètre même un peu dans son intérieur. Cette matière offre une odeur douce, suave, susceptible d’une grande expansion.

L’ambre gris est en masses irrégulières, composées tantôt de couches concentriques, comme superposées, tantôt de petits grains inégaux plus ou moins arrondis. On trouve quelquefois, dans son intérieur, des débris de mollusques et de poissons, tels que des mandibules, des écailles, des arêtes.

Ces masses pèsent habituellement de 50 à 500 grammes. On en trouve, cependant, de 5 à 10 kilogrammes. Le Cachalot échoué en 1741, près de Bayonne, avait dans ses intestins un morceau d’ambre du poids de 5kil.,30. Un baleinier en retira 20 kilogrammes des entrailles d’un individu, et 52 de celles d’un autre. La Compagnie des Indes en avait une masse, en 1695, du poids de 73 kilogrammes. Valmont de Bomare en vit un bloc, en 1721, de 100 kilogrammes. On a parlé d’un autre de 293 kilogrammes, ce qui paraît bien extraordinaire.

On prétend que les Renards sont très-friands de l’ambre gris, qu’ils viennent chercher sur les côtes de la mer. Ils le mangent et le rendent tel qu’ils l’ont avalé, quant à son parfum, mais altéré dans sa couleur. C’est au résultat de ce goût qu’on attribue l’existence de quelques morceaux d’ambre blanchâtre, qu’on trouve à une certaine distance de l’Océan, dans les Landes aquitaniques, et que les habitants du pays appellent ambre renardé (Bory)?. Cette seconde qualité de matière parfumée aurait donc traversé le tube digestif de deux Mammifères différents, et aurait toujours conservé son excellente odeur.