La pupille est transversalement ovale, comme celle des Ruminants.
Quoique ces immenses Mammifères-Poissons manquent de pieds, ils nagent cependant avec une extrême vitesse. Ils se jouent avec les montagnes d’eau soulevées par les tempêtes. Ils se servent admirablement de leurs deux bras, qui forment deux nageoires gigantesques, et surtout de leur queue colossale, composée de deux lobes d’une étendue et d’une force prodigieuses. Aussi, lorsque les baleiniers veulent ralentir la course d’un individu harponné, c’est à cette dernière partie qu’ils adressent leurs coups. Avec une pelle triangulaire bien tranchante, ils pratiquent quelquefois plus de cinquante vigoureuses entailles à la naissance de la queue, et diminuent de moitié la puissance de l’animal fuyant.
Quand une Baleine frappe l’eau avec sa queue, elle produit un clapotement.
On dit qu’une Baleine parcourt, en moyenne, dix milles par heure; mais lorsqu’elle est blessée ou poursuivie, elle s’élance bien plus rapidement. Quelquefois elle s’élève au-dessus de l’eau et se laisse retomber. Elle produit alors une tempête en miniature, qui se fait sentir assez loin.
IV
Les Baleines sont sensibles à l’amour. Le mâle accompagne presque toujours sa femelle.
En 1723, on rencontra deux époux Baleines qui traversaient l’Océan. C’était peut-être un voyage de noces! On les attaqua, on les blessa. Un des deux ayant cessé de vivre, l’autre se jeta sur son corps bien-aimé avec d’effroyables mugissements (Duhamel).
A l’embouchure de l’Elbe, la même année, huit femelles échouèrent. Près de leurs cadavres on vit bientôt arriver leurs huit mâles.
Le mâle suit toujours la femelle blessée et reste avec elle. La femelle ne montre, ni la même tendresse, ni la même sollicitude (L. Hautefeuille).
Comme tous les Mammifères, les Baleines nourrissent leur petit avec leur lait. Combien donnent-elles de litres de la précieuse nourriture à chaque tetée?