La mère témoigne pour son nourrisson d’un attachement très-ardent et très-courageux.
Quand un Baleineau a été harponné, on peut être certain que la mère ne tardera pas à venir à son secours. Elle le joint à la surface de l’eau quand il y monte pour respirer; elle semble l’exciter à fuir; souvent elle passe sous lui, le charge sur son dos et l’emporte, tandis que le petit, glissant et parfois chavirant sous l’action de la lame, cherche à se maintenir avec ses deux nageoires. Il est très-rare qu’elle l’abandonne, tant qu’il est vivant.
«Dans ces moments, on peut la blesser facilement; car elle oublie entièrement le soin de sa propre sûreté, pour ne s’occuper que de la conservation de son petit. Elle se lance au milieu des ennemis, méprise les périls; même après avoir été frappée plusieurs fois, elle reste auprès de son nourrisson, si elle ne peut pas l’entraîner avec elle. Dans son angoisse maternelle, elle court çà et là, bat la mer avec violence, et l’irrégularité de ses mouvements est un indice certain de la vivacité de sa douleur.» (Scoresby.)
V
On appelle fausses Baleines, ou Rorquals, les espèces qui portent une nageoire sur le dos et de larges rides sous le ventre. Leur corps est moins massif que celui de la Baleine; ils nagent avec plus de rapidité, et quand ils plongent, ils restent plus longtemps sous l’eau. Aussi les pêcheurs leur donnent-ils rarement la chasse.
Les Rorquals sont encore plus grands que les Baleines. Scoresby parle d’un individu qui avait 120 pieds anglais de longueur!
Ces animaux sont les vrais géants de la création!
En 1828, la mer jeta sur la plage de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, un très-beau Rorqual, qui a été décrit par M. Companyo.
VI
Parmi les grandes pêches qui ont lieu dans les différentes mers, celle de la Baleine, ou du Rorqual, est, sans contredit, la plus renommée, la plus difficile et la plus périlleuse[308].