Le harpon est long d’environ un mètre. Sa tige est de fer. Son extrémité antérieure porte une dilatation deltoïde, pointue, à deux branches divergentes aiguës, offrant intérieurement comme un petit crochet. Du côté opposé est une douille également de fer, dans laquelle entre le manche qui sert à lancer l’instrument. Ce manche est une sorte de bâton d’environ un mètre et demi. Au-dessus de la douille se trouve fixée une boucle de chanvre natté, qui reçoit l’extrémité de la ligne. On appelle ainsi une corde longue de 300 brasses et épaisse de 2 centimètres.

La lance est une tige de fer longue de 3 à 4 mètres, y compris la hampe, qui en offre à peu près 2 et demi. Elle présente à son extrémité une dilatation ovalaire ou elliptique, aplatie, à bords très-tranchants.

BALEINE HARPONNÉE.

Lorsque le bâtiment est arrivé dans les parages fréquentés par les Baleines, deux matelots se mettent en vigie au haut du grand mât et du mât de misaine. Aussitôt que l’un aperçoit un de ces animaux, il donne le signal. On met les canots à la mer; on s’approche doucement de la Baleine, sans l’effrayer. Le canot qui, le premier, se trouve à distance convenable, commence l’attaque. L’homme placé à l’avant lance son harpon. Il le fait avec adresse et avec toute la force dont il est capable. Le géant des ondes, se sentant blessé, donne d’ordinaire un violent coup de queue, et plonge en même temps. Il déroule et entraîne la ligne qui porte le harpon. La baleinière est entraînée à la remorque avec une vitesse effrayante; elle creuse un profond sillon, et soulève devant elle deux grosses lames qui cachent l’horizon aux yeux des matelots.

Les canots ont soin de ne pas se tenir dans la direction de la partie postérieure du Cétacé. Ce voisinage, on le comprend, serait fatal à l’embarcation. Quand la Baleine plonge, sa queue s’élève, se balance quelques instants dans l’air et retombe à plat. Son poids seul peut écraser un canot. Qu’on suppose maintenant le monstre blessé et irrité, et l’on verra combien ses chocs peuvent être redoutables.

La ligne est emportée avec une si grande force et une telle rapidité, qu’elle enflammerait les bords du canot, si l’on n’avait pas le soin de les mouiller de temps en temps.

Si, par malheur, cette corde est arrêtée par un nœud ou par tout autre obstacle, l’embarcation est presque toujours submergée.

Au bout d’un certain temps, dix à quinze minutes, la Baleine reparaît à la surface de la mer, quelquefois à une grande distance de l’endroit où elle avait plongé.

Au moment de son apparition, il peut arriver aux canots un accident terrible, quoique très-rare. C’est le cas où ils sont pris par-dessous et chavirés.