Les Algues rouges se reproduisent par des spores de deux espèces. Les premières, ou tétraspores, se développent au nombre de quatre dans des cellules appartenant à des frondes spéciales; elles paraissent ressembler à des bulbilles, et portent en elles-mêmes la raison de leur germination. Les spores proprement dites naissent dans des capsules, ou polyspores; l’action des anthéridies semble nécessaire à leur entier développement: ce sont de véritables graines.

Les anthéridies sont de formes très-variables, et finissent par se diviser en nombreuses cellules. Ces cellules deviennent libres; elles ne germent pas, mais il est probable que leur action sur les polyspores est analogue à ce que nous offrent celles des Algues vertes.

Le plus souvent chacun de ces organes appartient à une plante distincte, de telle sorte que l’espèce comprend trois formes d’individus; ce qui est encore plus compliqué que chez le Dattier, où il y a seulement des pieds mâles et des pieds femelles.

Les Algues vertes se propagent principalement par des zoospores et par des spores.

Les zoospores sont des corpuscules microscopiques d’environ un ou deux centièmes de millimètre de longueur, de forme ovoïde ou turbinée, et remplis aux deux tiers d’une matière verte (chlorophylle). L’extrémité antérieure, ou rostre, est atténuée en pointe et surmontée le plus souvent par deux ou quatre cils plus longs que le corpuscule tout entier. Dans certaines Algues (Phéosporées), les cils sont inégaux, le plus long dirigé en avant, le plus court traînant par derrière comme une sorte de gouvernail. Vers la naissance du rostre, on observe fréquemment un point rougeâtre, qui subsiste encore quelque temps après que la germination est commencée.

ZOOSPORES.

Le Myrionema, parasite qui forme sur la surface des autres Algues de petites taches brunes ayant à peine quelques lignes de large, et l’Haligenia, dont la fronde étalée atteint jusqu’à douze pieds de diamètre, se reproduisent par des zoospores semblables, présentant la même petitesse et la même simplicité d’organisation. L’analogie nous conduit de même à supposer que les immenses Lessonia arborescents de l’océan Austral se propagent aussi par des zoospores dont la longueur ne dépasse guère un centième de millimètre. (Thuret.)

Certaines Algues jouissent dans toutes les parties de leur tissu de la faculté de produire des zoospores; dans d’autres espèces, au contraire, leur formation est plus ou moins localisée dans quelques parties de la fronde.

Ces corpuscules semblent toujours produits par une sorte de coagulation de la matière contenue dans les cellules. Cette matière s’agglomère en masses plus ou moins nombreuses, d’abord confuses et mal limitées (fig. 1), plus tard nettement circonscrites (fig. 2), et constituant alors autant de zoospores distinctes (fig. 3).