On tire parti de leur peau pour faire des soupentes. Cette peau était anciennement précieuse pour la navigation: on la coupait en lanières que l’on tordait, et l’on obtenait ainsi des câbles d’une très-grande résistance.

Les dents de Morse sont préférables à l’ivoire, parce qu’elles sont plus dures et moins sujettes à jaunir. Malheureusement, elles n’ont pas le volume des défenses de l’Éléphant; cependant on en trouve qui offrent plus de 80 centimètres de longueur, et près de 33 de circonférence à leur sortie de l’alvéole. L’ivoire des Morses est compacte, susceptible d’un beau poli, mais sans stries. De petits grains ronds, placés pêle-mêle comme les cailloux dans un poudingue, forment la partie moyenne de la défense (Cuvier).

Ces dents sont utilisées de différentes manières. Les prisonniers russes, en Sibérie, les travaillent très-adroitement, à peu près comme les forçats de Toulon cisèlent les noix de coco. Ils en fabriquent des coffrets, des boîtes, des étuis, des chaînes et d’autres petits bijoux élégants, vrais chefs-d’œuvre d’art et de patience.

CHAPITRE XLIX
LA LOUTRE DE MER.

«Vestus d’habits moult somptueusement, très-bien fourrés.....»

(Saint-Gelais.)

I

Les Mammifères marins, nous l’avons dit dans les chapitres précédents, ne sont pas organisés comme les Mammifères terrestres. Leur corps est plus ou moins pisciforme, et leurs membres ressemblent plus ou moins à des nageoires.