Quand le dégel commence, il se forme, dans les régions septentrionales, des ruisseaux qui glissent silencieusement sur la neige, comme des rubans argentés posés sur du velours blanc. Nos féroces quadrupèdes viennent se désaltérer dans ces petits ruisseaux.
L’Ours blanc a les doigts unis à leur origine par de fortes membranes. C’est encore un caractère qui le distingue de l’Ours brun. Du reste, comme ce dernier, il marche sur la plante des pieds, et peut au besoin se tenir debout sur ses membres postérieurs.
Il nage rapidement et plonge avec facilité. Mais il ne passe pas toute l’année au sein de la mer; pendant la belle saison, il vient à terre, et se rend dans les bois. Il court sur le terrain comme les quadrupèdes ordinaires. Il peut faire jusqu’à trois milles par heure. Pendant l’hiver, quand les neiges recouvrent le sol, il retourne à l’Océan, accompagné de ses petits. Lorsque le froid augmente, on voit les Ours blancs rôder sur la glace, grimper sur les blocs, et plonger dans l’eau qui n’est pas encore gelée. Ils se réunissent, à cette époque, en nombre plus ou moins considérable. Ce sont, du reste, les seuls Mammifères du même groupe chez lesquels on observe des dispositions pour la sociabilité (P. Gervais). Ce qui est d’autant plus remarquable, qu’ils sont extrêmement cruels, et que les animaux d’un naturel semblable vivent généralement plus ou moins isolés.
Quelques Ours blancs, placés sur des glaçons flottants comme sur des radeaux, se laissent entraîner et emporter d’un pays dans un autre. C’est ainsi qu’on a vu des individus en quelque sorte échoués sur les côtes de l’Islande et de la Norvége. On assure même que d’autres ont traversé, accidentellement, le détroit de Beering, et qu’on en a rencontré jusque dans l’archipel du Japon (Siebold).
Parfois, emportés vers la haute mer par les glaces, ils ne peuvent plus regagner la terre, ni quitter leur îlot; alors ils meurent de faim, ou se dévorent les uns les autres.
Cet animal est plus terrible que l’Ours des Alpes. La force de sa mâchoire est telle, qu’on l’a vu couper en deux une lame de fer de 10 millimètres d’épaisseur. (Scoresby.)
TÊTE D’OURS BLANC
(Thalarctos maritimus Gray).
Lorsqu’un Ours blanc débarque dans une île peu habitée, il en attaque les troupeaux et leurs propriétaires avec fureur. Il égorge et dévore tous les malheureux qui tombent sous ses griffes. Il dévaste même les cimetières: les cadavres conservés par le froid lui fournissent une nourriture abondante.
Rien n’est sûr en son passage,
Ce qu’il trouve, il le ravage.