INSERTION DU SPORANGE, ÉMISSION DE L’OCTOSPORE
(Fucus vesiculosus Linné).
Les anthérozoïdes consistent en des corpuscules microscopiques d’un ou deux centièmes de millimètre de longueur environ, renfermant un granule coloré qui semble faire saillie à la surface, et muni de deux cils locomoteurs très-ténus. Ils sont en grand nombre dans un petit sac ovoïde transparent (anthéridie) inséré par sa base sur des poils rameux et articulés. Ces poils naissent des parois d’un conceptacle, et convergent vers l’ostiole, comme pour guider les anthérozoïdes à la sortie de leur cavité.
CONCEPTACLE RENFERMANT LES ANTHÉRIDIES
(Fucus vesiculosus Linné).
1. INSERTION DES ANTHÉRIDIES.—2. ÉMISSION DES ANTHÉROZOÏDES
(Fucus vesiculosus Linné).
Les sporanges et les anthéridies peuvent être, selon les espèces, réunis dans un même conceptacle, ou séparés dans des individus différents et dans des conceptacles distincts.
Voici, d’après les beaux travaux de M. Thuret, la suite des phénomènes auxquels donne lieu ce mode de reproduction dans le Fucus vésiculeux[22]:
Les sporanges tirent leur origine des cellules de la cavité conceptaculaire. Quelques-unes d’entre ces cellules forment au-dessus des autres une petite protubérance qui se dédouble au moyen d’une cloison transversale: l’inférieure cesse de grossir, et forme dès lors le pédicule; la supérieure continue de s’accroître, se remplit d’une matière olivâtre et s’organise en sporange. Bientôt cette matière se segmente en huit parties qui constitueront autant de spores; leur réunion est l’octospore. Ce corps se présente sous la forme d’une masse opaque et brunâtre entourée de deux membranes transparentes. La membrane extérieure (périspore) appartient au sporange, et reste fixée au pédicule quand celui-ci crève. La membrane interne (épispore) reste adhérente à la masse commune, et retient les spores fortement serrées entre elles. Une fois sorties des sporanges, les octospores glissent jusqu’à l’orifice du conceptacle et se dispersent dans l’eau.