Les premiers naturalistes, pour le rappeler en passant, voyaient des mâles et des femelles partout. L’Homme a toujours voulu trouver quelque chose à sa ressemblance, même dans les corps organisés les plus obscurs.

Érasme, critiquant les assertions de Pline, conclut qu’il faut passer l’éponge sur tout ce qu’il a écrit à ce sujet.

Nieremberg, et plus tard Peyssonnel et Trembley, ont soutenu avec raison l’animalité des Éponges. Leur manière de voir a été adoptée par Linné, par Guettard, par Donati, par Ellis et par Lamouroux....

Les Éponges habitent dans presque toutes les mers, principalement dans la Méditerranée, dans la mer Rouge, et dans le golfe du Mexique. Elles aiment les eaux chaudes ou tempérées, et les lieux les moins exposés aux vagues et aux courants.

Ces colonies vivent dans les fonds marins de cinq à vingt-cinq brasses, parmi les excavations et les anfractuosités des rochers, et sont toujours adhérentes. Elles se développent non-seulement sur les corps inorganiques, mais encore sur les végétaux et sur les animaux.

Elles sont étalées, dressées ou pendantes, suivant les endroits où elles croissent, suivant les corps qui les supportent et suivant leur propre forme.

C’est un caractère bien singulier que la fixation de certaines espèces animales. Les personnes du monde s’imaginent que tous les animaux jouissent de la faculté de se transporter d’un endroit dans un autre; en un mot, qu’ils sont locomotiles, pour nous servir d’un mot consacré par la science. Cependant il n’en est pas ainsi; il existe des tribus entières et nombreuses qui sont adhérentes, qui vivent et meurent attachées au même point. Tels sont les Polypiers, telles sont les Éponges.....

ÉPONGE SUR UNE ALGUE.
(Pêchée par soixante brasses de profondeur.—Dessin de Riocreux.)

Il résulte de l’adhérence des corps organisés, qu’ils sont plus soumis à la puissance des agents extérieurs et plus influencés par eux que les animaux locomotiles, lesquels ne manquent pas de se soustraire à ces mêmes agents par leurs fréquents changements de place, quelquefois même par des migrations périodiques. De là de grandes différences dans les fonctions, dans les mœurs, dans les caractères, entre les animaux fixés et les animaux non fixés.