V
Les anciens regardaient le Corail comme une matière d’un grand prix, et lui attribuaient des vertus merveilleuses. Les Gaulois en décoraient leurs casques, leurs boucliers et leurs autres instruments de guerre. Les Romains en portaient des fragments ou des grains comme amulettes et comme ornements agréables aux dieux. Ils en fabriquaient des colliers pour préserver leurs nouveau-nés des maladies contagieuses. Dans beaucoup de circonstances, ils croyaient les préparations de Corail excellentes pour conjurer les malheurs.
Il n’y a pas longtemps que les médecins français considéraient le Corail comme une des ressources de la thérapeutique. Lémery le croyait propre à réjouir le cœur. Ce qui n’est pas aussi certain que sa vertu pour nettoyer les dents, bien que cette dernière se réduise à une simple action physique.
Le Corail est plus estimé aujourd’hui comme ornement que comme remède. On fabrique des bijoux recherchés non-seulement en Europe, mais aussi en Afrique et en Asie, surtout au Japon.
Le Corail des côtes de France, mieux choisi peut-être que celui des autres pays, passe pour avoir la couleur la plus vive et la plus éclatante. Celui d’Italie rivalise en beauté avec le nôtre; celui de Barbarie est le plus gros et le moins brillant.
Dans le commerce, on distingue cinq variétés de Corail, auxquelles on donne des noms assez bizarres: 1o l’écume de sang, 2o la fleur de sang, 3o le premier sang, 4o le second sang, 5o le troisième sang.
Le Corail rose est très-rare et très-cher. Le Corail travaillé par les Napolitains donne des bijoux quelquefois un peu grossiers. Celui de Marseille, façonné par d’habiles artistes, produit des résultats supérieurs. On a vu, à l’exposition de 1830, des ornements dont la taille, le poli et le bon goût étaient à l’abri de toute critique. On y remarquait particulièrement un jeu d’échecs, représentant l’armée des Sarrasins et celle des croisés, qui valait 10 000 francs.