Dans l’intérieur de l’axe, au milieu d’un tissu charnu et contractile, se trouve une baguette dure, aplatie, grisâtre, de nature calcaire. Cette baguette offre en dessus et en dessous deux rainures, une à droite et l’autre à gauche. Elle est enfermée dans une membrane très-mince.
On observe encore, dans l’épaisseur de la Plume, trois cavités, dont une moyenne et supérieure et deux latérales. La cavité moyenne, qui est assez grande, diminue vers l’extrémité antérieure, où l’on voit un véritable orifice. Des deux côtés de cette même cavité se trouvent des brides formant des loges celluleuses qui semblent communiquer avec les barbes.
A certains moments, l’agrégation aspire de l’eau et se gonfle, puis elle rejette le liquide et s’amoindrit.
Les barbes sont plus grandes au milieu de la tige qu’à l’extrémité. Leur ensemble forme des espèces d’ailerons aux deux côtés de l’axe. Leur bord postérieur est subdivisé en lames qui présentent inférieurement de petites aiguilles calcaires, dures, blanches et cassantes. Ces lames soutiennent les Polypes.
POLYPES DE LA PLUME DE MER ÉPINEUSE.
Ceux-ci sont rapprochés et alignés, implantés obliquement et répartis avec inégalité. Ils ont la forme d’une bourse divisée en deux portions: une de ces dernières offre la bouche bordée de huit tentacules; l’autre comprend les organes de la digestion et les sacs des œufs.
En définitive, ces Polypes, comme la plupart des animaux inférieurs, ressemblent toujours plus ou moins à des fleurs vivantes, mais à des fleurs vivantes qui frémissent d’une sensibilité encore bien incomplète et qui jouissent d’une volonté encore bien limitée!
Les Plumes de mer sont épineuses. On en connaît une d’un rouge-cannelle[51], et une autre d’un gris sale[52]. Le soir, la première devient phosphorescente, et balance mollement ses lueurs à la surface de la mer.
Ces Polypiers peuvent contracter la partie postérieure et renflée de leur axe, de même que leurs ailerons. Ces derniers semblent leur servir de nageoires ou de rames. Mais les Pennatules ne réussissent qu’à produire des mouvements très-imparfaits. Les eaux les poussent dans un sens ou dans un autre, et les courants ne tardent pas à les entraîner. Flottant sans volonté, du moins apparente, au gré des vagues et des vents, elles vont partout, et partout elles rencontrent ce qu’il faut pour leur nourriture, ce qui convient à leur bien-être et ce qui est nécessaire à leur reproduction!