— Merci, monsieur, répondit l’officier d’un ton moins maussade devant l’affabilité du jeune homme, je vous suis très obligé de votre aimable intention, mais j’ai déjà répondu à mademoiselle votre sœur que j’avais pris d’autres dispositions.
— Ah ! je regrette.
Après un dernier échange de saluts, Jacques rejoignit sa sœur, qui l’attendait à quelques pas. Diane lui dit avec vivacité :
— Pourquoi as-tu insisté ? C’était maladroit… Il avait déjà refusé.
— Je l’ignorais… J’ai cru bien faire.
— Oui, il avait refusé avec un air de dédain insupportable… Nous en avons fait assez, je pense… Qu’il n’en soit plus question !
Cependant, le lendemain soir, à l’heure du dîner, Jacques revint en disant :
— Décidément, Diane, il était écrit que je devais faire la connaissance de ton ennemi ; si je ne voulais pas te faire bondir, je dirais même que je le trouve extrêmement sympathique…
Non seulement c’est un homme d’une bravoure incontestable — Roysel m’a parlé de lui — mais il est fort intelligent… très agréable causeur dans l’intimité.
— Tu es déjà de ses intimes ?… Je t’en fais mon compliment.