— Diane… tu réfléchiras ! Crois-tu qu’avec la vie qu’ils mènent ils ont le temps de s’arrêter à des vétilles ? Ils ont pu oublier quelques-unes des conventions de notre monde…

— Un homme bien élevé reste bien élevé malgré tout. A moi, ton « héros » me déplaît fortement, et, comme je ne suis point obligée de le voir…

— Si nous le rencontrons, j’espère, du moins, que tu seras polie ?

Diane ne répondit pas…

Au fond, elle lui en voulait moins depuis qu’elle avait appris que Kéravan avait sauvé la vie de son ami au péril de la sienne, de cet Hubert de Louvigny, qui écrivait à Rose Perrin des lettres pleines d’agrément.

Il lui parut aussi que Jacques n’avait pas tout à fait tort en disant que les « héros » de notre belle et vaillante armée ont le droit d’oublier certaines conventions… quand ils paient ce droit de leur sang…

Aussi, lorsque, deux jours plus tard, en faisant leur promenade matinale, Jacques lui dit tout à coup :

— Tiens, voici le baron de Kéravan arrêté devant Bagatelle, je vais lui dire bonjour… Viens-tu ?

Elle répondit :

— Allons… Mais c’est bien pour te faire plaisir.