Je le recevrai dans mon cabinet depuis que tu passes tes soirées dans le petit salon.
— Pourquoi cela ? répondit Diane. Reçois-le au salon. Vous pouvez aussi bien discuter devant moi votre théorie militaire, d’autant plus que vous ne vous en privez guère pendant nos promenades… Si votre conversation m’ennuie, je rentrerai chez moi.
Or, le hasard voulut qu’après le dîner, le temps s’était rasséréné…
Le petit jardin, rafraîchi par la pluie, envoyait dans l’air les parfums les plus pénétrants de ses lilas en fleurs… Jacques descendit pour faire un tour dans les allées encore humides. Diane était demeurée dans le petit salon, en compagnie de son ancienne institutrice qui était venue habiter l’hôtel depuis le départ de la marquise.
Étant arrivé à la grille qui séparait le jardin de la cour, Jacques de Trivières aperçut le lieutenant de Kéravan qui s’avançait.
Il ouvrit avec empressement.
— Bonsoir, mon voisin, dit le jeune homme avec un sourire accueillant. Quelle belle soirée ! n’est-ce pas ?
— Oui, répondit Hervé de Kéravan en serrant cordialement la main de son jeune ami. Après ces deux jours de bourrasques, c’est un vrai plaisir de respirer au dehors.
— Surtout pour vous qui n’êtes pas habitué à rester enfermé ?
— Aussi, ce matin et hier, j’étais l’un des rares habitués du Bois qui se promenaient sous la pluie, sous des caoutchoucs ruisselants. Je vous ai cherché sans conviction.