Ils reprirent leur discussion.

Mais, à partir de ce moment, l’officier fut distrait et il laissa bientôt tomber la conversation.

Comme pour donner confirmation aux remarques de la vieille demoiselle. Diane mit dans son jeu une expression toute personnelle que des années d’études n’avaient point réussi à lui communiquer.

Le Nocturne de Chopin qu’elle avait choisi s’harmonisait si bien avec la transparente nuit de mai, que Jacques lui-même, gagné au charme de la musique, se tut et écouta.

Quand le piano cessa, sur un accord en mineur, le lieutenant dit à demi-voix :

— Mademoiselle votre sœur est excellente musicienne.

— Je ne m’y connais guère, avoua Jacques. Mes professeurs de musique ont toujours perdu leur temps avec moi… Quant à ma sœur, j’ai souvent entendu dire que si elle manquait d’expression, elle avait un brillant doigté.

Hervé pensa, à part soi, que reprocher à Mlle de Trivières de manquer de sentiment musical était une grande injustice, et il écouta de nouveau.

Cette fois, le chant d’une belle voix de contralto se mariait aux sons du piano.

Il reconnut la plainte désolée de Fortunio :