Il était devenu par ses soins, secondés par de grandes aptitudes naturelles, un excellent musicien, ce dont Mlle de Trivières s’aperçut très vite.
Quand il eut fini, elle lui dit, avec cet air d’accorder une faveur qu’avaient ses moindres paroles :
— Nous ferons encore de la musique avant votre départ. Je n’ai jamais trouvé personne qui m’accompagnât comme vous… Il faudra revenir.
Le jeune officier devait se souvenir longtemps de cette soirée et y repenser plus tard pendant les mortelles heures d’attente dans les tranchées.
Il devait revoir souvent les yeux admirables, la taille flexible, le teint nacré, brillant sous les cheveux bruns comme un reflet de lune dans une nuit obscure, et ce sourire indéfinissable des lèvres qui disaient :
« Il faudra revenir. » Oui, souvent, souvent, il devait y penser !
Le lendemain et les jours qui suivirent, le temps permit aux jeunes gens de reprendre leurs excursions, non seulement au bois, mais dans les environs de Paris.
Diane était devenue matinale et ne se faisait jamais attendre.
Ils partaient de bonne heure, et, d’un galop, gagnaient les portes des fortifications.
Ces excursions, qui les ramenaient souvent très tard, étaient un grand plaisir pour l’étudiant. Jacques s’était pris d’une grande affection pour le Breton, dont l’esprit sérieux savait se mettre à la portée de son âge.