— Cela nous sera très agréable, dit Jacques, mais nous ne voudrions pas vous gêner…
— Nullement. Venez demain vers dix heures dans la cour du Val-de-Grâce, je m’y trouverai et j’aurai obtenu d’avance les autorisations nécessaires. Vous pourrez visiter certaines salles pendant que je me rendrai auprès de mon malheureux camarade.
CHAPITRE III
A l’heure convenue, Mlle de Trivières et son frère descendaient d’auto devant la grille de l’hôpital.
Ils aperçurent le lieutenant qui causait avec un médecin militaire dans un angle de la cour.
Il vint à leur rencontre et présenta le major, qui se mit à la disposition des jeunes gens pour les conduire à travers le dédale des couloirs vers les salles de blessés.
Pendant que Diane et Jacques de Trivières partaient, accompagnés du major, Kéravan allait de suite rejoindre son malade, le sous-lieutenant Jacquet, qui l’attendait.
Diane n’avait jamais pénétré dans une salle d’hôpital ; elle éprouvait en ce moment même une vague répugnance, mais intérieurement elle se reprocha cette mauvaise disposition et dompta, par un effort de volonté, la légère hésitation qui l’arrêta sur le seuil.
Qu’était-ce que la vue pénible des pansements tachés de sang ? Qu’était-ce que l’odeur fade qui lui fit porter à son visage son petit mouchoir parfumé, auprès des trésors d’héroïsme dépensés par ces hommes, leurs longues souffrances, leurs sacrifices sans nombre ? Diane pensa à ces choses d’une façon confuse en s’avançant aux côtés du major, entre les rangées de lits.
Ce n’était pas l’heure habituelle des visites. Aussi l’entrée d’étrangers provoqua-t-elle une petite sensation parmi les malades.