« Je suis très ému… très touché !… »

Elle rougit en détournant la tête et s’empressa de se joindre à son frère qui remerciait le major de son aimable accueil.

Ils remontèrent tous ensemble dans l’auto qui les ramena avenue Malakoff.

Mais Jacques alimenta presque à lui seul la conversation ; ses compagnons de route, et surtout Diane, paraissaient absorbés par leurs réflexions.

— Eh bien, Diane, fit-il enfin, à quoi penses-tu ? Tu gardes pour toi seule tes impressions. Tu sais que je t’ai trouvée rudement « chic » tout à l’heure dans la dernière salle. Demande à M. de Kéravan. J’ai vu que le major s’attendait à te voir piquer une crise de nerfs comme l’auraient fait neuf femmes sur dix.

— Je crois que tu te trompes, répondit-elle. Si les femmes n’apprennent pas pendant cette guerre à dompter leurs nerfs, quand le feront-elles ?

Si Mme de Trivières avait entendu la réponse de sa fille, elle se serait demandé avec stupeur comment Diane avait pu changer à ce point…

Cette dernière ajouta comme pour mieux faire saisir sa pensée sous la forme d’une comparaison :

— Tu te souviens lorsque mon amie Lucie est partie à Salonique pour soigner les blessés ? J’ai dit — et nous étions tous du même avis — j’ai dit que c’était une folie, un suicide !

— Oui, je me souviens.