— Eh bien ! aujourd’hui, je comprends son héroïsme et je l’approuve ! Tant que l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné.
— Bon, s’écria Jacques, stupéfait. Tu ne vas pas nous faire le tour de t’enrôler pour Salonique ! Mon cher lieutenant, vous avez bien réussi en menant ma sœur voir des blessés !
Diane reprit en souriant :
— Je remercie M. de Kéravan qui m’a procuré ce matin l’une des meilleures émotions que j’aie ressenties de ma vie… et des plus douces.
Hervé salua en balbutiant quelques mots, et Diane reporta son regard sur le paysage mouvant qui filait à la portière.
Elle continuait de poursuivre sa pensée intérieure.
Le lieutenant, assis auprès de la jeune fille, ne voyait d’elle que son profil perdu, nettement découpé sur la glace.
Il lui parut que le beau sphinx venait de soulever les voiles qui dérobaient à la vue ses secrètes pensées et qu’il les refermait à nouveau.
Au moment de la séparation, au seuil de la maison, Jacques pria son ami de venir encore passer quelques soirées avec eux avant son départ.
Mais Kéravan, alléguant son désir de passer auprès de son aïeule les dernières soirées, s’excusa.