— Le sacrifice sera compensé par le plaisir de la passer avec vous.

La matinée du lendemain se leva dans un réseau de brumes bleuâtres qui promettaient une éclatante journée de printemps.

En débarquant à la gare des Chantiers vers neuf heures, la première personne que virent les jeunes de Trivières fut le lieutenant, leur ami, qui les avait précédés.

Leur domestique tenait les chevaux en main à l’extérieur des grilles.

Diane avait passé un long cache-poussière par-dessus son costume de cheval, elle s’en débarrassa et sauta en selle à la porte de la gare.

Sous les allées ombreuses et ensuite à travers bois, ils prirent la route des Vaux de Cernay.

Tous trois, enchantés de la lumineuse journée de printemps, de leur jeunesse, de leur sympathie réciproque, bavardaient et riaient à qui mieux mieux.

Pour l’officier, c’étaient les dernières heures de répit avant la séparation définitive…

Il ne se lassait pas d’entendre la jeune fille.

Heureuse comme une pensionnaire à qui on a mis la bride sur le cou, celle-ci montrait une animation inusitée. Les cheveux au vent, les yeux brillants, Hervé lui répondait avec le même entrain décidé à jouir de l’heureux temps, si court, qu’il ne retrouverait sans doute jamais.