« Est-ce donc que, pour être heureux, il ne faut point vivre pour soi ?

« Je me reproche quelquefois mon heureuse quiétude en pensant à tout ce qui souffre sur terre en ce moment.

« J’en ai eu un exemple sous les yeux dernièrement, en visitant un hôpital où l’on soignait d’horribles blessures…

« Ce jour-là, j’ai compris bien des choses et je me suis promis de ne jamais laisser passer une souffrance près de moi sans essayer de la soulager…

« Faut-il vous compter au nombre de ceux-là, monsieur le lieutenant ? Êtes-vous encore souffrant, blessé au moral ou au physique ?

« Si ce n’est qu’au moral et si les lettres de votre petite amie peuvent être un soulagement à votre mal, rendez-lui confidence pour confidence.

« J’attends de vous une longue lettre qui resserrera le pacte d’amitié auquel reste toujours fidèle

« Votre amie Rose. »

Mademoiselle Rose Perrin,

183, rue de Longchamp, Paris.
(Faire suivre.)