— Ce n’est qu’un projet très éloigné, notez bien, mais… nous pourrions toujours les fiancer… en attendant.
— S’il arrivait malheureusement que Diane s’éprît tout à fait de votre neveu qui, d’après ce qu’il promettait, doit être devenu tout à fait agréable.
— Il est charmant… très beau garçon… spirituel…
— Et si…, continua la marquise, suivant son idée, il disparaissait tout à coup, pensez au désespoir de ma pauvre enfant…
— Il faudrait alors que notre Diane fût bien changée !… Voyons, marquise, tâchons d’être plus optimistes… Prenons le temps présent tel qu’il est, et ne soyons point trop exigeants. Tâchons de procurer à nos enfants, qui sont en pleine jeunesse, l’illusion que nous avons eue, — ou aurions pu avoir, — pendant la nôtre… Le temps où ils vivent leurs meilleures années n’est déjà pas si gai !
Depuis un moment, la marquise ne suivait plus son vieil ami… Elle était absorbée dans ses réflexions,
— Oh ! s’écria-t-elle soudain, j’ai trouvé !
— Quoi donc ?
— Notre moyen : le moyen du petit roman qui doit obtenir, suivant vous, la poésie dans le mariage, le sentiment, toutes ces choses rares dont vous parliez tout à l’heure…
— Ce moyen, quel est-il ?