— Vous étiez ici, bon ami, et on ne m’a pas prévenue ?

Ils regardèrent entrer une grande jeune fille à la taille élégante, à laquelle on aurait pu appliquer l’expression : « un port de reine ». Sa tête couronnée d’opulents cheveux bruns était petite et fine ; elle avait les traits réguliers de sa mère, avec moins d’expression dans la physionomie et plus de fermeté dans le regard de ses yeux brun foncé… Ainsi que la dépeignait son tuteur, Diane de Trivières était une admirable statue.

CHAPITRE II

En entrant, la jeune fille vint présenter son front au baiser de son tuteur.

— Je t’attendais pour servir le thé, lui dit sa mère.

— Je vais le faire, maman. On ne m’avait pas dit qu’il était servi.

— Et ton frère, mon enfant, est-il rentré ? demanda le général en recevant une tasse des mains de la jeune fille.

— Non, bon ami, Jacques ne rentre qu’à six heures. Il a une répétition après le lycée. Vous dînez avec nous, n’est-ce pas ? J’ai dit qu’on mette votre couvert.

— Certainement. Tu as bien fait, appuya la marquise.

— Non, vraiment, je suis désolé, mais ce soir je dois passer à mon cercle pour y rencontrer quelques amis avant mon départ.