— C’est votre tour d’inspection ?… Vous partez déjà ?
— Oui, ma petite fille… Je vais être surchargé de besogne ! des revues, des inspections, des rapports ! Ne compte pas trop que je t’écrirai pendant mon absence !
— Oh ! bon ami, vous nous donnerez de vos nouvelles ? Nous ne saurions nous en passer.
Diane éprouvait, autant qu’elle en était capable, une réelle affection pour son tuteur, qui l’avait, depuis son enfance, comblée de gâteries. Quant au général, il se sentait heureux dans ce milieu d’affections féminines, le seul où il eût l’impression de se sentir un foyer familial.
Tout en suivant avec plaisir les mouvements harmonieux de sa belle pupille, il pensait :
« Oui, vraiment, cela ferait un joli couple, Diane et Hubert… bien assorti !… La tête sage et la tête folle… trop de sécheresse d’un côté, un peu de légèreté de l’autre, mais tout cela fondu, amalgamé, fera un tout parfait ! Quel dommage qu’elle n’ait point été élevée autrement ! qu’elle n’ait reçu d’autres notions de la vie que des frivolités ! Avec les dons d’intelligence, la nature élevée qu’elle possède !… Ah ! si mon vieux camarade avait vécu !
Mme de Trivières suivait aussi avec satisfaction les allées et venues de sa fille. Elle dit tout à coup, interrompant le monologue intérieur du général :
— A propos, bon ami, pendant que je pense à vous le dire, j’ai reçu une lettre de mon gérant, Delarbre, au sujet des loyers arriérés de ma maison. Il me demande des ordres. Faut-il poursuivre, donner des congés ?
Avec l’afflux des réfugiés qui vivent à Paris, me dit-il, nous ne manquerions pas de locataires si certains locaux étaient rendus disponibles… Conseillez-moi, je ne sais que répondre ?
— Delarbre m’a parlé de cela : je l’ai vu hier.