CHAPITRE VII
Extraits de lettres.
« Rose Perrin à H. de L.
« Je suis navrée de votre tristesse. Est-ce du découragement, de l’ennui ?
« Puisque notre traité d’amitié comporte la clause que nous ne devons rien nous cacher de nos sentiments intimes, dites-moi vite ce qui cause votre peine afin que j’essaie de la consoler… Tant d’amertume, tant de tristesse ne sont pas compatibles avec la nature d’un homme d’action tel que vous…
« Ayez confiance, monsieur le lieutenant, sinon ce serait un crime de lèse-amitié et vous ne seriez plus digne de recevoir la mienne.
« Supposez que vous adressez votre confidence à l’une des jolies souris qui viennent vous regarder écrire… Je ne tiendrai peut-être guère plus de place dans votre vie et puisque vous vous imaginez éveiller en elles une vague sympathie, pourquoi refuseriez-vous de croire à celle que je ressens pour vous ?
« Sympathie, affection, tout idéales, n’est-ce pas ? et qui n’engagent à distance que notre pensée…
« Voici pourquoi, mon lieutenant, vous me devez toute la vérité. »
— Cette bonne petite Rose, pensa le lieutenant, elle a raison… Mais comment oserai-je lui parler d’« elle » ? Est-elle seulement capable de comprendre un amour comme celui que je « lui » ai voué ?… Oui, elle est femme, elle comprendra…