Mon cœur est las de tant de peines,

Celle que j’aime… ne m’aime pas !

« C’est tout !

« Êtes-vous satisfaite de la confidence, curieuse souris ? »

Après cette lecture, la lettre tomba des mains de Diane et elle exclama : « Une autre ! Et il ose me le dire !… J’ai bien fait de lui écrire sous un nom supposé… Sans cela, je ne l’aurais jamais su ! Eh bien ! cher monsieur, je suis fort aise d’être mise au courant ! Cela m’épargnera désormais de me mettre en frais de correspondance… »

Mlle de Trivières passa tristement la fin de l’été. Bien qu’elle ne voulût point se l’avouer, les lettres habituelles étant supprimées laissaient un grand vide dans sa vie et il fallut tout l’intérêt qu’elle prit à la construction du nouvel hôpital pour la distraire d’une visible préoccupation.

Cependant un travail se faisait en son esprit. La lumière y pénétrait ; elle arrivait insensiblement à la solution du problème qu’elle s’était posé :

Lequel ?

Si son esprit lui avait répondu : « Hubert », son cœur maintenant lui criait de toutes ses forces : « Hervé ».

Elle sentait qu’il fallait dire adieu à l’amour tout imaginatif qu’elle avait cru éprouver pour l’ancien compagnon de jeux de son enfance, et s’avouer enfin l’attraction véritable qu’elle ressentait envers celui qui, seul, l’avait aimée sans le dire.