Elle hésita, puis… s’approchant de son tuteur, elle lui passa une main autour du cou, et dit à mi-voix les yeux baissés :

— Bon ami, vous êtes fâché ?

Il la força à relever la tête et à le regarder :

— Non, mon enfant, je ne suis pas fâché. Je suis peiné seulement, peiné… et étonné. Tu n’as jamais souffert de la vie : c’est ton excuse !

— Maman écrira dès ce soir au gérant de laisser ces gens en paix… C’est ce que vous voulez ?

Embrassez-moi, bon ami. Je ne peux pas supporter d’être fâchée avec vous !… surtout au moment de votre départ.

Le vieillard baisa avec affection le beau front blanc, il soupira… et, laissant aller la jeune fille, il répondit à une question de la marquise qui l’interrogeait sur son prochain départ.

Une demi-heure plus tard, le général traversait le jardin de l’hôtel.

Il se retourna avant de franchir la grille et entrevit derrière la haute vitre éclairée la toilette blanche et le profil pur de Diane.

La marquise, placée derrière sa fille, lui fit en souriant un signe d’intelligence. Diane lui envoya un dernier geste d’adieu ; le général leur répondit en élevant son képi, et comme conclusion à ses réflexions, il dit à demi-voix :