— Quel dommage !

Après avoir passé la grille basse qui entourait le jardin, M. d’Antivy se trouva dans une cour vaste et dallée. On y remarquait, à droite, les remises et écuries ; à gauche, le bâtiment destiné au portier dont la loge, comme celle de tous les concierges parisiens, ouvrait sa large baie sous la voûte de l’immeuble dont il a été précédemment question.

Cette maison de rapport, fort importante, de cinq étages, surélevée de mansardes, se trouvait sur le devant, en bordure de l’avenue Malakoff, tandis que, au fond de l’espace de terrain plus long que large, converti en jardin, se trouvait l’hôtel des propriétaires.

L’inconvénient de cet arrangement était la servitude qui obligeait ces derniers à emprunter la voûte de la maison, commune à tous les locataires, pour gagner la rue.

Mme de Trivières s’en accommodait, mais la fière jeune fille en éprouvait quelquefois de l’ennui.

Le général referma la lourde porte à deux battants qui aboutissait de la cour à la voûte, il regarda devant lui en entendant marcher et s’aperçut qu’une vieille dame appuyée au bras d’une domestique venait lentement à sa rencontre.

Au même instant, le concierge parut au seuil de la loge, salua le général, et appela :

— Mlle Corentine, une lettre pour Mme de Kéravan.

Ce nom qu’il connaissait — c’était celui de l’ami intime de son neveu — frappa M. d’Antivy.

Il ralentit sa marche et regarda avec attention la personne en noir, très âgée, qui se tenait immobile au milieu du porche pendant que la domestique la quittait pour recevoir sa lettre.