La demie de huit heures sonna à la pendulette placée sur une console entre les fenêtres.

La cheminée était ornée d’un superbe marbre, cadeau du général d’Antivy à sa filleule pour ses dix-huit printemps.

C’était la reproduction de la Diane chasseresse de Houdon ; la chaste Diane vêtue de la légère tunique à plis droits, ses jambes longues, son buste gracieux, sa tête fine aux traits classiques, rappelait en plus d’un point la belle jeune fille qui s’éveillait à ce moment.

Elle sonna. Sa femme de chambre entra, portant un plateau chargé.

— Déjà huit heures et demie, Marie ?

— Oui, mademoiselle. Comme mademoiselle était sortie hier, j’ai pensé qu’il fallait la laisser dormir.

— Ma mère est-elle réveillée ?

— Mme la marquise est à sa toilette.

— Donnez-moi le plateau…

Marie avait tiré les rideaux.