C’était une grande pièce claire. Peu de meubles, très simples.

Une longue table-coiffeuse, placée entre deux fenêtres espacées qui donnaient sur le jardin, montrait son étalage d’instruments délicats aux manches de vermeil.

La glace inclinée, placée au-dessus, la reflétait. L’encadrement de cette glace était une guirlande de fleurs de porcelaine, dont les calices contenaient des ampoules électriques.

Cette pièce était le lieu de prédilection de la jeune fille. C’était là qu’elle écrivait ou lisait — rarement — quelqu’un des livres à la charmante reliure verte et or qui garnissaient les tablettes d’une bibliothèque tournante.

C’était là surtout qu’elle rêvait, et depuis la guerre ressassait ses ennuis.

Marie jeta un coup d’œil sur le ciel pommelé où des nuages légers obscurcissaient par moments le soleil.

— C’est un temps entre les deux, mademoiselle. C’est du soleil qui va chercher la pluie. Faut-il préparer l’habit de cheval ?

— Non, je ne monterai pas ce matin. Donnez-moi une robe d’intérieur et, pour cet après-midi, mon tailleur bleu à boutons d’acier.

— Mademoiselle doit se souvenir qu’elle a commandé de rectifier à la maison son dernier peignoir de lingerie, avec des valenciennes.

— Oui. Eh bien ?