Elle devait répondre à une invitation et renouveler un abonnement.

Tout à coup, le souvenir lui revint d’une promesse qu’elle avait faite à sa mère.

C’était la veille au soir, dans l’auto qui les ramenait de leur soirée de bridge. Mme de Trivières avait dit :

— Diane, j’ai fait ce soir une promesse ; je me suis engagée pour toi.

— A quoi donc, maman, envers qui ?

— Envers ton tuteur. Le pauvre homme va être débordé d’occupations, il n’aura pas un instant à lui pour sa correspondance particulière. J’ai promis que tu lui servirais de secrétaire.

— Cela me paraît bien compliqué, avait répondu Diane.

— Pas du tout, avait repris la marquise. Je t’aiderai. Moi, je me charge des lettres d’affaires ennuyeuses, toi, tu écriras à son neveu Hubert qui est orphelin ; le malheureux n’a pas de famille proche, sauf ton tuteur, et si son oncle cesse de lui écrire, tu vois qu’il sera tout à fait abandonné. C’est vraiment une charité de s’en occuper. Et nous soulagerons cet excellent bon ami qui a tant fait pour nous ! Tu dois te souvenir de lui ? Il jouait avec vous quand vous étiez enfants, Hubert de Louvigny…

— Je déteste écrire, vous le savez, maman… et à quelqu’un que je connais si peu…

— Bah ! en ce temps-ci, on supprime les cérémonies ! Et puis, avait ajouté l’artificieuse marquise, si tu préfères les lettres d’affaires, je te les cède volontiers, avec documents à l’appui !