— Vous vous soignerez parce que je le veux… et aussi pour me faire plaisir. Voici ce que vous allez faire…
En parlant, Diane était revenue à son bureau. Elle écrivit rapidement quelques mots sur une de ses cartes qu’elle mit sous enveloppe.
— Vous porterez cette carte et vous la présenterez de ma part au docteur Beauchamp, rue de l’Université. Vous voyez : l’adresse est dessus. Il vous examinera, et vous n’aurez plus qu’à exécuter son ordonnance.
— Merci, mademoiselle, dit la lingère d’un air gêné. Seulement… ces grands médecins, c’est très cher…
— Cette question me regarde, dit Mlle de Trivières de son ton tranchant. Le docteur ne vous demandera rien ; il vous auscultera et vous me direz le résultat. Il est bien entendu que je me charge des remèdes : vous me porterez l’ordonnance.
— Oh ! mademoiselle ! s’écria Rose.
Elle fondit en larmes et saisit la main de la jeune fille qu’elle couvrit de baisers. Que vous êtes bonne et que vous savez faire la charité sans blesser ! Ah ! les autres peuvent dire que vous êtes froide, hautaine et orgueilleuse ? Je sais bien, moi, maintenant, que vous avez un noble cœur, si pitoyable aux misères des pauvres gens !
Diane était devenue pâle et elle reculait en retirant sa main lentement.
Était-ce seulement pour se dérober à cette débordante reconnaissance ou bien par peur de la contagion ?
Son cœur était remué profondément par une émotion encore jamais éprouvée.