Elle reprit très vite son empire sur elle-même et dit en se détournant :

— Allons, ma fille, calmez-vous ! Vous allez encore tousser. Désormais, vous viendrez travailler ici. Tâchez de finir mon peignoir aujourd’hui et n’oubliez pas de rectifier la manche gauche, qui est un peu plus longue que l’autre.

— Oh ! oui, mademoiselle ! Ça sera fait, et bien fait ! Les petits plis que je vais faire ! Et mon ourlet à jour donc ! Mademoiselle verra. Ah ! ah ! si je vais m’appliquer !

Rose riait, montrant toutes ses fossettes, cependant que des larmes roulaient encore sur ses joues.

Ces larmes et ce rire mêlés en ondée d’avril, c’était toute Rose Perrin…

CHAPITRE IV

C’était la fin du jour au cantonnement. Un cavalier mit pied à terre devant la maison de paysans la plus cossue du village, qui avait à ce moment l’honneur d’abriter la popote des officiers de la compagnie. Grand, fort et blond, l’œil et le teint animés par la course, il avait un air de jeunesse et d’entrain qui séduisaient au premier abord.

Comme il sortait de la poche de son dolman un paquet de lettres et de journaux, les officiers présents tendirent les mains :

— Pour moi ! pour moi ! Louvigny, ici ! ici !

— Il répondit en riant :