Kéravan, le dernier, la prit et, pendant qu’il la parcourait, son ami lui dit à demi-voix :

— Il y a dans le milieu une phrase sur la prière de tous les matins… c’est gentil ! Tu sais, Hervé, je crois que cette petite marraine-là ferait bien ton affaire !

— Mais c’est à toi qu’elle écrit, protesta l’officier, ton adresse est très bien mise. Pourquoi ce qu’elle te dit ne serait-il pas vrai ?

— En effet ! s’écria Claudal, frappé d’un trait de lumière, ne serait-ce point la personne mystérieuse que t’annonce ton oncle ?

— Tu oublies que je dois reconnaître son nom, or, je n’ai jamais même entendu celui-ci.

Kéravan regarda au bas de la lettre.

— Un petit nom tout simple, dit-il, « Rose Perrin ».

— Rose Perrin, répéta Louvigny, cherchant dans ses souvenirs, non, je n’ai jamais entendu ce nom-là… Occupe-t’en, Kéravan !

Le Breton mit la lettre dans sa poche en disant :

— En tout cas, il est facile de lui procurer un filleul ; plusieurs hommes de ma compagnie se sont fait inscrire…