A cause d’elle, il s’était tenu à l’écart des tentations de la vie parisienne et il avait gardé intacte son âme bretonne, inaccessible comme le granit de ses grèves, sentimentale et poétique comme ses vieilles légendes.

Ayant lu la lettre hebdomadaire de la servante, les yeux d’Hervé tombèrent sur l’autre enveloppe qu’il avait sortie en même temps…

C’était la lettre de la personne qui demandait un filleul.

Il la relut avec soin, quelque chose dans le style simple, dans l’écriture souple, hardie, l’attirait.

Il voyait tous ses camarades s’amuser à entretenir des correspondances plus ou moins sérieuses avec des soi-disant marraines, et l’idée ne lui était point venue de les imiter.

Par principe, il s’écartait de ce qui pouvait devenir une occasion de dépense…

Ce n’était pas tout que de correspondre. On faisait souvent connaissance au temps des permissions, et il devenait difficile de ne pas se laisser entraîner par ces marraines si séduisantes.

Pourtant, celle-ci paraissait modeste… Le milieu de la lettre avec sa phrase naïve et pieuse le rassurait… cela ne lui paraissait pas si effrayant…

— Si j’essayais ? murmura-t-il.

Un mouvement derrière lui le fit retourner.