Hervé se fit encore prier, mais comme il avait, dans le fond, bonne envie d’écrire, il se décida et dit tout à coup :

— Voyons, toi qui es au courant ? Dirons-nous madame ou mademoiselle ?

— Mademoiselle. Si c’est une jeune fille, ça tombera bien, si c’est une vieille dame, ça la flattera.

Hervé écrivit :

« Mademoiselle,

« Je suis charmé de la bonne pensée que vous avez eue de vous adresser à moi pour vous aider à choisir un filleul.

— « Il s’agirait cependant de s’entendre, souffla Hubert de son lit, et de savoir ce que vous désirez : si c’est un filleul des pays envahis, j’en aurai quelques-uns à vous proposer, très dignes d’intérêt, si, comme certaines expressions de votre lettre me le font supposer, vous cherchez un correspondant… »

— Tu ne trouves pas que c’est aller bien vite ?…

— Tiens ! tu me fais hausser les épaules !… arrange-toi !

« … c’est-à-dire un combattant sans famille, privé de recevoir de temps à autre un mot de sympathie, continua Hervé, j’avoue, mademoiselle, que je suis moi-même dans ce dernier cas, et je me mettrai volontiers sur les rangs… trop heureux, si… »