Pascal rougit et se pencha davantage en rebouclant la sous-ventrière. Il balbutia :

— Mademoiselle… c’est le cheval d’un officier qui est arrivé hier dans la maison de devant. Il n’avait pas d’endroit pour loger son cheval. Alors, comme il doit rester un bout de temps — deux mois au moins — Moreau (c’était le portier) et moi, nous avons pensé qu’on pouvait offrir à ce monsieur une petite place…

— Dans nos écuries ? Sans notre autorisation ? Sans celle de ma mère ?

— Mme la marquise est absente, reprit le cocher, penaud… Madame aurait sûrement permis… L’écurie est vide.

Il ne convenait point au cocher d’avouer que l’officier en question avait donné à Moreau une bonne gratification dont lui-même, Pascal, avait bénéficié et que, tous deux avaient affirmé au propriétaire du cheval que Mme la marquise permettait, que cela ne faisait pas un pli, etc.

Diane ignorait cette petite histoire. Elle dit, de son ton le plus autoritaire :

— Et moi, ne suis-je pas ici ? Et ne pourriez-vous me consulter avant d’accorder à n’importe qui le droit d’entrer dans les dépendances de l’hôtel à toute heure du jour ?

« Ce monsieur a accepté, sans notre permission ? Vraiment, c’est d’un sans-gêne qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer ! »

Mlle de Trivières tournait le dos à la cour, elle élevait la voix et n’entendit point un pas d’homme qui se rapprochait.

A peine avait-elle fini de parler qu’une voix, dont l’accent indiquait une colère contenue, répondit :