Les chapeaux hauts de forme des noces bourgeoises ne recelaient plus aucun mystère pour Vincent. Petits chapeaux à grands bords, grands chapeaux à petits bords, troncs de cône, cylindres, hyperboloïdes, il les connaissait tous et se trouvait ainsi le seul homme de France qui pût écrire un essai sérieux sur le haut-de-forme à travers les âges.
Desflemmes adorait les noces; il les suivait jusqu'à l'église, entrait dans le saint lieu, pénétrait même jusque dans la sacristie et assistait, à la faveur du brouhaha, aux petites scènes touchanto-comiques qui sont l'apanage des cérémonies nuptiales.
À force d'assister à cette orgie de noces, Vincent avait fini par remarquer un monsieur aussi amateur que lui de fêtes hyménéennes: un monsieur pas beau, ma foi, avec de vilains yeux, une sale bouche, et un nez surabondamment eczémateux.
Ce monsieur devait posséder des relations sans nombre, car Desflemmes le rencontrait à chaque instant, distribuant des poignées de main et n'oubliant jamais d'embrasser la mariée.
—Qui diable est-ce, ce bonhomme-là? monologuait Vincent. Dans tous les cas, il a une sale gueule.
(Mon ami Desflemmes ne prend pas de gants pour se parler à lui-même.)
Un beau jour, le hasard le renseigna sur le monsieur à relations. Le suisse de Saint-Germain-des-Prés causait avec le bedeau. Tu as vu? disait le suisse; il est là…
—Qui ça? demanda le bedeau.
—L'embrasseur.
—Ah!