Saint Savinien disait la sainte Messe. Tout à coup une lumière mystérieuse remplit l'enceinte sacrée. Les assistants saisis d'émotion, levant les yeux au ciel, purent contempler à loisir l'Enfant Jésus, la Sainte Vierge, saint Joseph; au-dessus de la Crèche, les Anges chantaient leur harmonieux cantique: Gloria in excelsis Deo. Saint Savinien, transporté d'admiration et de joie, s'écria: «C'est bien là Bethléem!»

Les envoyés de saint Pierre, ravis de bonheur, se crurent un instant dans l'étable de la Nativité. C'est pourquoi ils donnèrent à leur chapelle le nom de Notre-Dame de Bethléem[71].

Note 71:[ (retour) ] Cette apparition est marquée d'un caractère particulier c'est d'avoir eu lieu du vivant même de la Sainte Vierge.

Telle est, d'après les Actes de la Grande Passion de saint Savinien et de ses compagnons martyrs (Ve siècle), l'origine du premier sanctuaire consacré à la Mère de Dieu sur la terre de France. Tel fut le commencement de ce culte toujours vivace qui, depuis dix-huit siècles, amène chaque année, à Ferrières-du-Gâtinais, d'innombrables pèlerins dans le sanctuaire de Notre-Dame de Bethléem[72].

Note 72:[ (retour) ] Eugène Jarossay. Histoire d'une abbaye, p. 12-14.

La Fête des Ânes, à Rouen.

L'âne joue un certain rôle dans les offices du Moyen Age.

Bien que cet animal ait la réputation d'être sobre, patient, laborieux et pour ainsi dire infatigable, ce n'est point pour ces précieuses qualités qu'on le fêtait, mais uniquement à raison des divers épisodes que rappelle l'Écriture.

Sans parler de l'ânesse fameuse du prophète Balaam, c'est sur un âne que la Sainte-Famille fuit en Égypte; c'est sur un âne encore que Notre-Seigneur entre triomphalement à Jérusalem, le jour des Rameaux.

La fête de l'âne est, croit-on, originaire de Vérone[73] d'où elle se répandit dans toute la chrétienté du Moyen Age.