«Nous touchons la terre,» lui dit son guide, «et nous allons apercevoir bientôt sur la montagne la demeure habitée par le divin fils de Maritchi.»
LE HÉROS.
Comment! l'essieu n'a pas rendu le moindre son? Je ne vois pas s'élever le plus léger nuage de poussière; je n'ai ressenti aucun choc, et, quoique touchant à la terre, le char cependant n'en a pas éprouvé le moindre contre-coup... Et dans quelle partie de la montagne habite donc le divin anachorète?
LE GUIDE, la lui indiquant du doigt.
Là où vous apercevez ce pieux solitaire, fixant, dans une immobilité parfaite, le disque radieux du soleil; le corps déjà à moitié plongé dans un monticule de sable, que les termites amoncellent sans crainte autour de lui; portant, au lieu du cordon brahmanique, la peau hideuse d'un énorme serpent: pour collier, les branches entrelacées d'arbrisseaux épineux, dont il ne ressent pas même les blessures, et recélant, parmi ses cheveux relevés en partie en un énorme faisceau sur le sommet de sa tête et flottant en partie sur ses larges épaules, une foule d'oiseaux qui, pleins de confiance, y ont construit leurs nids comme dans un arbre touffu.
DOUCHMANTA, le contemplant avec une sorte de terreur religieuse.
Vénération à l'être capable de se livrer à d'aussi effroyables austérités!
Prince! nous voici parvenus à l'ermitage de l'immortel Canoua.
(Ils descendent du char.)
LE GUIDE.