La division par genres, bien qu'elle puisse être employée dans une certaine mesure et comme subdivision dans nos études, a l'inconvénient d'être plus spécieuse que vraie et plus convenue que réelle; car les genres ne sont jamais ni si distincts, ni si séparés, ni même si démarqués que le disent les auteurs de ces classifications artificielles. Les genres se confondent à chaque instant dans le même ouvrage et sous la plume du même écrivain. N'y a-t-il pas, en effet, de la religion dans la philosophie, de la philosophie dans l'histoire, du drame dans le récit, du récit dans le drame, de la poésie dans l'éloquence, de l'éloquence dans la poésie? Quelle main assez minutieuse et assez sûre peut faire ce triage et cette répartition de genres, de manière à en faire la base absolue d'une classification méthodique des œuvres littéraires de l'esprit humain? On se tromperait à chaque instant, et en voulant tout diviser on aurait tout confondu.

Nous diviserons donc, comme la nature, par générations de génie ou par époques.

Pour éviter la dissémination d'attention qu'un trop grand nombre d'époques jetterait dans la mémoire et dans l'esprit, nous ne diviserons la littérature du genre humain qu'en quatre grandes époques:

L'époque primitive ou orientale, indienne, chinoise, égyptienne, arabe, hébraïque;

L'époque gréco-latine, commençant à Homère et finissant au christianisme;

L'époque intermédiaire, décadence, barbarie, renaissance, commençant à la chute de l'empire romain, finissant à la naissance de Dante à Florence, époque dans laquelle l'Italie joue le plus grand rôle, et qu'on pourrait appeler l'époque italienne;

Enfin l'époque moderne, commençant au quinzième siècle, se caractérisant en Italie, en France, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, et se poursuivant avec des phases diverses d'ascendance ou de décadence jusqu'à nos jours.

Ainsi, l'époque primitive,

L'époque gréco-latine,

L'époque intermédiaire (ou l'interrègne des lettres),