La lecture de Job n'est pas seulement la plus haute leçon de poésie, elle est la plus haute leçon de piété.

Mais d'abord disons ce que c'était que Job.

Lamartine.

XIIe ENTRETIEN.

I

Nous nous sommes dit à la fin de notre dernier entretien: Qu'est-ce que Job?

Personne n'en sait rien.

C'est aussi ce que se sont répondu Bossuet, La Harpe, le révérend docteur Lowth, auteur du cours moderne le plus érudit de la poésie sacrée, enfin M. Cahen lui-même, le dernier et le plus hébraïque des traducteurs de la Bible, dans ses recherches plus remarquables encore que son texte.

Non, personne ne sait qui fut ce premier, et, selon moi, ce plus sublime de tous les poëtes; personne ne connaît le véritable auteur de ce poëme en quelque sorte surhumain. Ce poëme n'a pas toujours fait partie de la Bible proprement dite; il a été ensuite recueilli dans le livre sacré; il lui est peut-être antérieur, et il en est indépendant. Le docteur Lowth, professeur de poésie sacrée à l'université d'Oxford, à qui nous devons deux volumes qui font autorité sur ces matières, réfute parfaitement bien l'opinion qui attribue le poëme de Job à Moïse lui-même.

Ces opinions sont aussi celles du savant traducteur hébreu de la Bible, M. Cahen.