Et plus loin:

Louis, dit-on, fut sensible
Aux malheurs de ces guerriers
Dont l'hiver le plus terrible
À seul flétri les lauriers.
Près des lis, qu'ils soutiendront,
Ces lauriers reverdiront.
Mes amis, mes amis,
Soyons de notre pays.

Enchaîné par la souffrance,
Un roi fatal aux Anglais[1]
A jadis sauvé la France
Sans sortir de son palais.
On sait, quand il le faudra,
Sur qui Louis s'appuiera.

Aimons, Louis le permet,
Tout ce qu'Henri Quatre aimait.

On parle de l'inébranlable fixité des hommes, fixité qui ne serait qu'une incorrigible stupidité! Que l'on concilie cependant de pareils vers dans le poëte de 1814 avec ceux qu'il écrivit quelques années plus tard! Le poëte ne songeait évidemment alors, comme tout le monde, qu'à panser les plaies de la France et de l'Europe et qu'à rallier tous les combattants pacifiés dans une concorde patriotique.

En veut-on une autre preuve? Qu'on lise les deux couplets suivants de la chanson de cette date, intitulée: la Grande Orgie:

Que le vin pleuve dans Paris,
Pour voir les gens les plus aigris
Gris.
Fi d'un honneur
Suborneur!
Enfin du vrai bonheur
Nous porterons les signes.
Les rois boiront
Tous en rond,
Les lauriers serviront
D'échalas à nos vignes.

L'opposition prématurée et inique y reçoit même un coup de marotte:

Graves auteurs,
Froids rhéteurs,
Tristes prédicateurs,
Endormeurs d'auditoires,
Gens à pamphlets,
À couplets,
Changez en gobelets
Vos larges écritoires.
Que le vin pleuve dans Paris,
Pour voir les gens les plus aigris
Gris.

V