«Si un doux gazouillement d'oiseaux, si un suave froissement de vertes feuilles à la brise d'automne, de l'été, si un sourd murmure d'ondes limpides je viens à entendre sur une rive fraîche et fleurie,

«Dans quelque lieu que je me repose pensif d'amour pour écrire d'elle, celle que le ciel nous fit voir et que la terre aujourd'hui nous dérobe, je la vois et je l'entends; car, encore vivante, de si loin elle répond intérieurement à mes soupirs.

«Pourquoi te consumer avant le temps, me dit-elle avec une tendre compassion, et pourquoi ce fleuve de douleurs coule-t-il sans cesse de tes yeux?

«Oh! ce n'est pas sur moi qu'il faut pleurer, moi dont les jours en mourant se changèrent en jours éternels, et dont les yeux, quand je parus les fermer à ce monde, s'ouvrirent à l'éternelle lumière!»

Plus loin, on le voit tenté, par la séduction des lieux, de la beauté, de la jeunesse, de la nature, d'aimer encore ici-bas; mais l'amoureuse jalousie de Laure, s'armant de sévérité divine, le rappelle tendrement au mépris de ce qui n'est pas elle.

«Les ondes me parlent d'amour, et le zéphyr, et les ombres des feuilles, et les oiseaux mélodieux, et les habitants des eaux, et l'herbe et les fleurs de la rive, sont d'accord ensemble pour me convier à aimer encore.

«Mais toi, prédestinée! qui m'appelles des profondeurs du ciel, par la mémoire de ta mort si amère, oh! prie pour moi, afin que je dédaigne de ce monde toutes ses douces amorces et tout ce qui n'est pas toi!»

XXIX

Lisons encore:

«Âme béatifiée qui daignes souvent descendre pour consoler mes nuits gémissantes d'un regard de ces yeux que la mort n'a pas éteints, mais auxquels l'éternité a donné une splendeur qui n'est pas de ce monde!