Faust se plaint à Marguerite de sa triste condition de voyageur, qui le condamne à ne rien aimer de permanent; il touche de pitié le cœur naïf de la belle enfant.
MARGUERITE.
Oh! moi!.... songez à moi quelquefois un petit moment; j'aurai assez de temps pour me souvenir de vous!
FAUST.
Vous êtes donc beaucoup seule?
MARGUERITE.
Hélas! oui. Notre ménage est petit, encore faut-il s'en occuper; il faut faire le feu, préparer les aliments, balayer, tricoter et coudre, et courir ici et le soir et le matin. Cependant nous pourrions, ma mère et moi, nous donner moins de tracas; mon père a laissé en mourant un joli petit avoir, une maisonnette et un jardin hors de la ville. Mon frère est soldat; ma petite sœur est morte. La pauvre enfant m'a causé bien des peines; pourtant je ne regretterais pas de les reprendre pour elle: la pauvre enfant m'était si chère!
FAUST.
Un ange! si elle te ressemblait.
MARGUERITE.