«On lui éleva un tombeau modeste, pour qu'il fût durable.»
Quelle vertu, non, jamais assez contemplée par l'histoire!
X
Rome et le sénat préviennent par leurs versatilités les vœux de Vitellius. Il est salué empereur; on relève, pour lui complaire, les statues de Néron. La Syrie et la Judée le reconnaissent.
«Cependant, dit Tacite, il tressaillait au nom de Vespasien, qui était déjà dans les vagues rumeurs du peuple. Rassuré un moment sur les dispositions de ce général, ajoute Tacite, Vitellius et son armée, se croyant sans compétiteur, se vautraient à Rome dans tous les excès de cruauté, de pillage et de débauche dont ils avaient rapporté l'habitude de leur long séjour chez les barbares.»
XI
Pendant ces désordres, Vespasien, mûri par l'âge et par sa sollicitude pour ses deux fils, délibère avec lui-même s'il cédera au vœu de ses légions, qui le provoquent à l'ambition du pouvoir suprême.
«Quel jour, se disait-il, que celui où il livrerait au hasard le fruit de ses combats, ses soixante-deux ans, et deux fils encore si jeunes!
«Il y a un repentir et un retour aux pensées qui ne sortent pas de la sphère de la vie privée, et on peut y livrer impunément plus ou moins de soi-même à la fortune; mais pour ceux qui tendent à l'empire, il n'y a point de milieu entre le faîte et l'abîme!»