La population maintenue, au moyen d'une loi révoltante, au même nombre par l'immolation des hommes nés en dépit de la loi;
Les arts, proscrits de cette démocratie des métiers, de peur que l'esprit ne se corrompe par ses plus belles manifestations intellectuelles;
Enfin, on ne sait quel gouvernement de vieillards, écoliers jusqu'à cinquante ans dans des gymnases de sophistes, et n'arrivant au gouvernement qu'à l'âge où les passions généreuses meurent généralement dans l'homme en même temps que les passions fougueuses, c'est-à-dire un gouvernement d'eunuques sur un troupeau de brutes esclaves:
Voilà, encore une fois, ce délire d'un philosophe que l'on continue à appeler le divin Platon!
Si un tel politique est divin, Dieu n'est plus Dieu! Car il n'y a pas une des lois du philosophe qui ne soit la négation des lois de la nature promulguées par la divinité de nos instincts sociaux.
XXII.
La politique, selon nous, n'est en effet que la nature, étudiée avec intelligence et respect dans les instincts sociaux de l'homme; la nature, révélée par ces instincts, vivifiée par l'expérience, promulguée en lois et instituée en gouvernement par les législateurs de génie de tous les pays et de tous les siècles.
Que nous disent ces instincts, depuis que l'homme est né de la femme, pour enfanter à son tour dans son union avec la femme des enfants qui le font revivre à perpétuité dans sa race, et qui immortalisent dès ici-bas l'humanité?
Ces instincts nous disent précisément le contraire de ce que le philosophe institue dans ses prétendues lois; suivons ces lois une à une.
Platon, de qui descendent, par une filiation de démence, ces niveleurs radicaux de nos jours, destructeurs en idée de la propriété, dont ils sont nés et dont ils vivent, Platon défend aux membres de son troupeau humain de rien posséder en propre.